Les terriers Britanniques – article paru en 1903

Quand la loi et l’ordre furent établis sur les frontières entre l’Ecosse et l’Angleterre, les instincts guerriers et voleurs de ses habitants ont été reportés dans la chasse au renards et autres nuisibles.

Comme les monts Cheviot abondent de trous escarpés et de tunnels de mousse humides, avoir de bons chiens de terriers était une nécessité absolue et le résultat en a été la création de deux races, de nos jours, extrêmement différentes malgré leur lieu d’origine commun : le Border Terrier et le Dandie Dinmont.

Ce dernier, mis en relief par Sir Walter Scott, est devenu, entre des mains peu soigneuses, un animal de compagnie à la mode et est maintenant souvent inutile à des fins sportives. Le Border Terrier a été pris en charge par les vieux chasseurs et bergers frontaliers qui ont tous gardé et utilisé leurs chiens uniquement pour le travail. Aucun de ces chiens n’étaient utilisé à des fins de reproduction, s’il n’avait pas été auparavant sous terre et fait face au renard le plus dur, et les Border Terriers ont conservé, dans une large mesure, les caractéristiques originales des chiens de Ned Dunn ou de Yeddie Jackson.

Ils ont une hauteur d’environ 14 inches (35,56 cm), sont étroits à l’avant, pas plus de 15 inches (38,10 cm) de circonférence, et pèsent environ 15 livres (6,804 kg). Ils ont le poil dur, lisse ou ondulé (le premier est préférable). Comme couleur, ils sont rouges ou gris/bringé, ou avec le corps bleu et les pattes couleur feu. De temps en temps, on en voit certains de couleur « foie », mais la première couleur nommée est la préférée. La tête est considérablement plus courte et pas aussi forte que celle du fox-terrier, et les oreilles sont à demi-dressées. Comme les Border Terriers sont recherchés pour sortir les renards mais pas pour les attaquer, les mâchoires ne nécessitent pas la force de celles du fox-terrier.

Les femelles ne devraient pas avoir un poids de plus de 14 lb (6,350 kg) et 16 lb (7,257 kg) en moyenne et les mâles ne doivent pas dépasser les 18 lb (8,165 kg). La couleur du nez doit être noire ou de couleur chair. La queue ne doit pas être écourtée.

Le nez (ou les qualité d’odorat) est l’un des attributs les plus forts du Border Terrier et un très bon chien peut savoir, par simple inspection autour d’un terrier, si oui ou non il y a un renard dedans, et quelques-uns des plus brillants éléments de la race ont été connus pour ne jamais faire d’erreur à cet égard.

Il est commun pour un Border Terrier de descendre par un trou dans une roche, et d’être incapable de remonter, ce qui nécessite de creuser souvent pendant trois ou quatre jours. Bien sûr, beaucoup ne sont jamais ressortis. Qu’ils se soient hasardé plus loin que le renard et tombé dans une faille, ou si les deux se sont perdus, il est impossible de le dire.

Pour faire face aux tunnels de mousse humide (ruissellements d’eau) formés au fond de crevasses et souvent longs d’un quart de mile (environ 700 m), les poils durs sont une nécessité. Certains, et même les plus robustes, peuvent mourir de faim et de froid après être sorti de ces trous, et avant qu’ils ne puissent être transportés à l’abri et à la chaleur du foyer le plus proche, ce qui peut être à cinq ou six miles (8 ou 9 km) de distance, car cette région des Borderland est très peu peuplée.

Les Border Terriers sont souvent laissés sous terre après un renard à plusieurs miles de la maison, mais sont généralement de retour le lendemain matin. Parfois, ils ne reviennent pas avant plusieurs jours et sont souvent durement blessés par morsure.

Comme indiqué, le Border Terrier a un bon nez, est un terrier vif et ira sous terre dans des endroits où presque aucun autre terrier ne voudrait entrer. Il peut suivre un cheval sur le sol accidenté de son pays natal et pourtant, il est assez petit pour suivre un renard sous la terre rocheuse. Il peut résister à l’humidité et le froid aussi bien que d’autres races, et même mieux que la plupart. Il est très fort contre les rats et autres vermines, et en même temps, c’est un excellent compagnon, sensible et affectueux.

 

Extrait du livre « the British Terrier », écrit par John T. Dodd et John Robson et paru en 1903