Border terriers en France en 1975

La race est encore rare en France avec une petite poignée de Border, dispersée sur un vaste territoire. Les Français semblent penser que ces chiens manquent de distinction comme race, et préfèrent quelque chose d’un peu plus « sophistiqué » pour leurs propres chiens. En fait, le commentaire, quand ils voient un border pour la première fois, est de demander au propriétaire « c’est quoi comme croisement ? », ce qui sous-entend « c’est un bâtard ? » ! Cependant, ceux qui apprennent à connaître cette race semblent tomber sous son charme.

Monsieur Van Kappell, en Dordogne, est un grand amateur de Border terrier et dit que les gens en Dordogne apprécient ses chiens pour leur rusticité et, quand ils arrivent à mieux les connaître, sont séduits par leur nature fidèle et aimante. Il en avait quatre, mais en a perdu un et un autre a eu un accident. Il les utilise pour chercher les truffes, et ils ont fait leurs preuves dans les compétitions de recherche de truffe. Apparemment, les truffes se ramassent au milieu de l’hiver et beaucoup de chiens travaillent mal parce qu’ils ont froid. Ce qui n’est pas le cas du Border, dont le manteau extérieur rêche et le sous-poil serré lui permet de creuser, indépendamment des conditions météorologiques.

A part pour les truffes, les rats et le travail en terrier artificiel, un Border n’a pas d’utilité en France à cause de la rage. Même quand un chien est vacciné, il doit être abattu s’il a été en contact avec un animal enragé ou soupçonné d’avoir la rage, car il pourrait être un transmetteur. La rage est un réel problème, en particulier dans l’Est de la France et, dans les zones infectées par cette maladie, les Français abattent à vue les renards, les chats sauvages et blaireaux et tout ce qui pourrait amplifier le fléau. Alors, un chien errant dans une zone de rage déclarée n’a aucune chance, à moins qu’il soit bien connu.

Cette race est si rare que, quand un passionné de Border terrier en voit un, il laisse tomber ce qu’il faisait. Mme Kate Chevalier marchait dans une rue de Paris avec sa chienne Border quand un homme a surgi d’un restaurant très chic et s’est jeté sur son Border surpris. Le Monsieur était au milieu d’un déjeuner d’affaires très important, mais en voyant passer un Border dans la rue, il a abandonné couteau, fourchette et contacts d’affaires pour savoir qui elle était.

 

Article paru en 1975 – Year book du Southern Border Terrier Club

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