Nos amis les Border Terriers – article paru en 1936

Il est une évidence indiscutable de l’existence de terriers, très proches physiquement des Border Terriers actuels, sur une représentation de la meute de chasse de Cottesmore, peinte en 1693, où l’on peut voir deux de ces chiens. Il a été souvent dit que la famille Lowther, apparentée à Lord Lonsdale, a élevé des Border Terriers pendant près de deux siècles mais Lord Lonsdale lui-même n’a pas confirmé cette information.

On prétend, dans certains milieux, que jusqu’à une époque très récente, cette race était connue sous le nom de Ullswater terriers, et a des relations étroites avec la race Elterwater, Reedwater et Old Lyne Terriers… [1]

La fonction du Border Terrier dans sa région d’origine est une combinaison de plusieurs qualités. Certains de ses attributs physiques peuvent être un désavantage dans un des aspects de son travail mais sont essentiels dans les autres : il doit être petit, plus petit que ses proies « renards ou blaireaux » mais dans un combat, il doit être plus fort qu’eux s’il veut avoir une chance de survivre. Le Border Terrier est haut sur patte pour pouvoir suivre une chasse avec des chevaux. Sa peau doit être épaisse et son poil le plus dur possible, dense avec beaucoup de sous-poil, pour résister au climat qu’il peut faire dans la région d’où il est originaire. On raconte des histoires de terriers, morts de froid dans l’hiver rude des montagnes, à cause de l’humidité qui avait pénétré le poil jusqu’à la peau.

Le Border Terrier est mal considéré dans certaines meutes de chasse par rapport aux autres terriers, car ils ont chassé pendant de nombreuses générations dans les conditions particulières de la région des border où on demande à un terrier, non seulement de faire sortir le renard, mais également de le tuer. Cela a donné des chiens qui ne craignent rien sous terre, mais avec cet instinct de tuer très développé, ils déçoivent les chasseurs qui préfèrent les joies d’une chasse plus sportive courant à travers la campagne.

Mais à part ce qu’on peut peut-être appeler un défaut dans ses qualités, le Border Terrier a le don « d’être là » après une rude et longue journée de chasse, d’avoir encore de l’énergie et du nez, et c’est un grand avantage.
L’une de leur qualité la plus admirable est que les Border Terriers ne sont pas querelleurs quand ils doivent travailler avec d’autres chiens…

L’inconvénient, aux yeux de certains chasseurs, est la couleur du Border Terrier. Ils disent que les meutes de chasse peuvent les confondre avec un renard, et si ce n’est pas par les autres chiens, ce peut être par les chasseurs eux-mêmes qui sont prompt à tirer sur un petit animal roux bougeant au loin. Si les autres chiens ont l’habitude de travailler avec des terriers, ils ne se trompent pas. Par contre, ça arrive effectivement avec certains chasseurs.

L’avantage physique du Border Terrier, qui le distingue le plus des autres terriers, est sa mâchoire. Elle est plus courte que celle d’aucun autre terrier, ce qui lui donne un air d’implacable détermination. Le standard de la race parle d’une mâchoire courte ET solide, et, avec ses quatre pattes fermement ancrées au sol, c’est un grand avantage pour le Border pour négocier avec son adversaire, dans les endroits exigus sous terre.

L’expression résolue du Border Terrier est totalement à l’opposé avec ses dispositions dans un environnement familial. C’est un chien extrêmement sensible et ne doit jamais être battu. Ce genre de punition laisse une marque durable et ils ne sont plus jamais les mêmes après. Ils ont aussi la caractéristique d’avoir « un seul maitre », ce qui est inhabituel chez les terriers.
S’il on un défaut, c’est que les Border Terriers sont des chasseurs invétérés. Dès qu’ils en ont la possibilité, ils peuvent escalader des obstacles difficiles (murs ou grillages) pour leur amour de la chasse.

[1] Ces noms-là proviennent de villages ou lieu-dits où l’on pouvait voir ces terriers.

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